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Pontoise nominée au Clou rouillé 2013 Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Sylvie   
28-04-2013

Chaque année la FUB (Fédération française des Usagers de la Bicyclette) décerne deux prix : le Guidon d’or qui récompense des réalisations ou initiatives exemplaires pour le développement de l’usage du vélo et le Clou rouillé qui épingle les carences particulières d’une commune en matière de déplacements à vélo. Les prix ont été décernés le 20 avril  lors de l’assemblée générale de la FUB, qui regroupe 180 associations d’usagers.

Tours a reçu le Guidon d’or 2013 , devant Valence et Vénissieux.

Marseille a reçu le Clou rouillé 2013 devant Pontoise et Biarritz.

 

Si vous voulez voir la réponse édifiante de M. Houillon, maire de Pontoise,

cliquez ici : http://www.cergyvie.fr/pontoise-clou-rouille-2013-actu95-fub-476928.html

 

L’association Allez-y à vélo milite depuis 1989 pour le développement du vélo comme moyen de transport à Cergy-Pontoise. Membre de la  FUB, elle a proposé Pontoise au prix du Clou rouillé avec un dossier argumenté :

   Quasi-absence de pistes et de bandes cyclables : moins de 2 km de pistes cyclables, le plus souvent morcelées en petits tronçons (pas d’axes structurants), pour la plupart vétustes et non entretenues

      Refus de la municipalité de mettre en œuvre les dispositions du code de la rue :

aucun double sens cyclable malgré une quasi-généralisation des sens uniques dans le centre ville, d’où un allongement des trajets à vélo,

aucun cédez le passage cycliste au feu

    Aucun des travaux qui devaient être réalisés à Pontoise au titre du plan triennal du Schéma Directeur d’agglomération  (pistes cyclables, zones 30, double sens cyclables, passerelle cyclable…) et qui auraient dû être achevés en 2012 n’a été réalisé

      Absence de parking sécurisé à la gare, alors qu’il en existe dans 4 autres gares de Cergy-Pontoise

   Indifférence complète à l’égard de l’avenue verte Paris-Londres qui traverse la ville du nord au sud, notamment :

au sud, traversée du parc des Larris sur un chemin de terre et de gravier dégradé, boueux par temps humide avec un talus pour en bloquer l’accès

au nord, sortie de la ville par les quais où le trafic est soutenu, peu agréable et peu sécurisant

arrêté municipal interdisant la pratique sportive des patins à roulettes, rollers, planches à roulettes et vélos de type bi-cross sur la portion proche de l’office de tourisme

Il y a 13 ans, Dijon recevait le Clou rouillé et depuis, la ville a changé ses pratiques et en 2011, elle accueillait le congrès des villes et territoires cyclables. Gageons que la nomination de Pontoise incitera la ville à entreprendre les aménagements nécessaires au développement de la pratique du vélo !

 

Et voici notre réponse à M. Houillon :

Afin de rétablir quelques vérités, nous souhaitons réagir aux déclarations de Philippe Houillon, maire de Pontoise, figurant dans un entretien accordé à Cergyvie.fr[1] suite à la nomination de sa ville au Clou Rouillé 2013 décerné par la Fédération des Usagers de la Bicyclette (FUB).

 Après plusieurs années d'absence systématique de prise en compte par la municipalité de Pontoise des demandes des cyclistes, l’association Allez-y à vélo a souhaité porter la situation de la commune à la connaissance de la FUB. Au vu des éléments du dossier, cette dernière a nominé Pontoise avec Marseille et Biarritz pour le « Clou Rouillé 2013 ».

Il s’agit d’une distinction visant à mettre en lumière les mauvaises pratiques et à faire ainsi prendre conscience aux municipalités de leur retard en matière de politique en fa­veur des déplacements à vélo.

 La nomination au Clou Rouillé : une procédure indépendante et transparente

 M. Houillon commence par contester la validité du choix de cette fédération au motif que : « Dans ce jury probablement il y avait quelqu’un du coin qui voulait pas forcément de bien ».

 Nous l’informons que les villes nominées ont été sélectionnées par les membres du Comité Directeur de la FUB, dont la liste est publique. Contrairement à ce que déclare M. Houillon, aucun de ces membres n’est habitant de Cergy-Pontoise.

 Par ailleurs, le dossier de candidature a été communiqué par la FUB au maire de Pontoise auquel il a été proposé, dans un souci de prise en compte des différents points de vue, de bénéficier d’un droit de réponse. M. Houillon n’a pas souhaité en faire usage, signe sans doute que les éléments mentionnés dans le dossier ne prêtaient pas à contestation à ses yeux.

 Une responsabilité pleine et entière de Pontoise dans cette nomination

 M. Houillon tente ensuite de se défausser sur la communauté d’agglomération : « Le clou rouillé, déclare-t-il, il fallait le donner à la communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise puisque c’est elle qui décide des pistes cyclables et que ce n’est pas la ville. »

 Ce rejet de responsabilité est d’autant moins pertinent que la municipalité de Pontoise a justement l’habitude de faire obstacle à l’application du schéma directeur cyclable d’agglomération. Ainsi, alors qu’elle s’était engagée dans le cadre de ce schéma directeur à étendre la zone 30 à la rue Séré Depoin avant la fin du 1er semestre 2012, l’arrêté muni­cipal n’a toujours pas été pris par M. Houillon malgré les relances de la communauté d'ag­glomération et les demandes des associations.

Autre exemple : alors que la passerelle SNCF est inscrite au schéma directeur cyclable d’agglomération et que la rampe d’accès des bus qui y mène a été autorisée à la circulation des vélos, la passerelle leur reste à ce jour quant à elle toujours interdite par la municipalité, transformant ainsi un itinéraire cyclable en cul-de-sac.

 Il ne nous semble d’ailleurs pas que l’agglomération de Cergy-Pontoise ait fait obstacle à quelque demande que ce soit de la part de la municipalité de Pontoise en matière d’aménagement à vélo. Dans le cas contraire, que M. Houillon veuille bien nous en informer et nous ne manquerions pas d’interroger l’agglomération sur ce point.

 De plus, et contrairement à ce que laisse entendre le maire de Pontoise, la politique cyclable de sa ville n’est en rien confisquée par l’agglomération : des pistes cyclables ou tout autre aménagement peuvent être créés de sa propre initiative comme cela se fait dans d’autres communes de Cergy-Pontoise, tandis que les zones 30, les doubles-sens cyclables, les cédez-le passage au feu sont du ressort du maire et peuvent être mis en place par simple arrêté munici­pal.

 Pontoise : une ville en retard par rapport au reste de l’agglomération

 M. Houillon suggère aussi, à propos de l’attribution du Clou Rouillé, que Cergy-Pontoise « avec 200 000 habitants, sans pouvoir rivaliser avec Marseille, pouvait quand même s’en rapprocher plus que Pontoise ».

 Cet argument ne résiste malheureusement pas à l’épreuve des faits : si l’agglomération de Cergy-Pontoise peut à nos yeux clairement mieux faire en terme de respect des délais dans l’application de son schéma directeur cyclable, du moins a-t-elle le mérite d’en avoir un, de même qu’elle a le mérite d’afficher un budget dédié aux déplacements à vélo, des actions de promotion en leur faveur, un linéaire de pistes cyclables en constante augmentation, une offre de vélos en libre service (vélo2), des parkings à vélo sécurisés dans les gares, etc. D’autres communes de l’agglomération mettent d’ailleurs en place ces dispositifs de leur propre initiative à l’échelle communale.

Rien de tout cela en revanche du côté de Pontoise qui est donc bien le mauvais élève de l’agglomération en matière de politique cyclable : il n’y a ainsi pas de hasard dans sa no­mination au Clou Rouillé.

 Le relief de la ville ne saurait constituer une excuse

 Pour finir et pour justifier son immobilisme, le maire explique que « quand vous devez aller de la gare par exemple jusqu’aux Cordeliers, il faut avoir des bons mollets et sans doute ça a un rapport avec le fait qu’ils [les Vélos2] ne soient pas très utilisés malgré qu’ils soient disponibles en nombre. »

Sans doute cela a-t-il surtout à voir avec le fait qu’il n’y a tout simplement pas de station Vélo2 aux Cordeliers... Comme il n’y en a pas à l’Hermitage, au quartier du Chou, aux Louvrais, aux Hauts de Marcouville, dans le centre ville. Il n’y a par conséquent aucune raison d’y aller avec un Vélo2 où celui-ci ne pourra pas être rapporté à une borne...

En fait d’être présents en nombre, il n’y a en réalité que quatre stations pour une ville de 30 000 habitants (dont trois quasiment limitrophes de Cergy) et il reste donc nécessaire, à Pontoise, d’utiliser son propre vélo.

 Par ailleurs, le fait que « ça monte » n’a jamais empêché nombre de villes aux dénivelées supérieures à Pontoise de développer une politique volontariste en faveur des vé­los : Tübingen en Allemagne, San Francisco aux États-Unis, Angoulême et, plus près de nous encore, Jouy le Moutier en sont quelques exemples.

Remarquons en passant que les côtes n’empêchent pas dès à présent certains Pontoisiens d’enfourcher quotidiennement leur vélo sans être pour autant de grands sportifs. Ils seraient sans doute en effet plus nombreux s’il existait une politique cyclable incitative. À titre d’exemple, certaines communes ont choisi de subventionner l’achat d’un vélo à assistance électrique. Bref, si l’on veut s’en donner les moyens, le relief n’est pas une fatalité.

Ajoutons que si les côtes font peur au maire de Pontoise, il lui est toujours possible d’aména­ger, comme nous le lui demandons depuis longtemps, les berges de l’Oise qui permettent de relier la plupart des villes de l’agglomération sans dénivelée et qui sont en outre si­tuées sur l’itinéraire de l’Avenue Verte Paris-Londres.

 En conclusion, nous sommes surtout attristés de constater que la réaction du maire de Pontoise à l’annonce de la nomination de sa ville au Clou Rouillé 2013 est : « J’ai été très honoré quand j’ai vu que nous avons été nominés ».

Il n’y a malheureusement aucun honneur à se voir ainsi sanctionné en raison de son absence d’action municipale dans un domaine qui préoccupe suffisamment les habitants pour que quatre associations aient récemment interpellé le maire à ce sujet (voir do­cument en pièce jointe).

Nous attendons donc toujours une attitude constructive de la ville à l’égard des cyclistes.

 

Dernière mise à jour : ( 04-06-2013 )
 
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